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Mathilde, auxiliaire de la Défense Passive à Brest en 1940

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Article paru dans la lettre de Brest-Centre n°7  octobre 2010

Née à Saint-Martin, Mathilde Montfort-Ménez s'est engagée à 20_ans dans la défense passive.

Où viviez-vous lors de la déclaration de guerre ? J’habitais avec mon père, Auguste Ménez, et mon frère à l’angle des rues Duret et Bugeaud.
Comment êtes-vous devenue ADP ?
Je cherchais du travail. J’étais employée chez les Munar, marchands de fruits et légumes rue de Siam et une cliente, Alice Lalouet, m’a proposé un emploi d’ADP. Je lui ai demandé ce que c’était : Pierre Branellec avait décidé, avec des amis dont Louis Prévosto, d’ouvrir des cuisines d’entraide réparties sur tous les quartiers de Brest. Je suis allée me présenter, M. Branellec m’a demandé si cela me dérangerait d’être caissière  à Recouvrance_: j’ai consenti, c’était loin mais on était en 1940, j’étais jeune . On m’a donc embauchée tout de suite pour 400_francs mensuels ce qui était bien payé pour l’époque.
Qui étaient les ADP brestois ?
C’étaient des gens qui cherchaient du travail et qui étaient restés à Brest parce qu’ils avaient des parents (père, mari, frère) travaillant à l’Arsenal. Mon père s’occupait de la construction des bateaux à l’Artillerie navale, sous le pont. Il y a passé toute la guerre. Mon frère travaillait près de  l’Ecole Navale. Je devais descendre à Recouvrance tous les jours, souvent sous les obus ! Nous étions donc tous les trois très exposés et chacun se demandait, le soir, si les deux autres allaient arriver_! Mais on n’a pas eu d’ennui particulier. Notre groupe comptait aussi beaucoup de femmes, épouses de personnels de l’Arsenal. Nous dépendions de M. Branellec, chaque corps de métier avait son groupe ADP (la Ville, les pompiers…). Nous étions de tous bords politiques. J’étais gaulliste et Mr Branellec m’a dit_«_Vous n’êtes pas la seule_!_» Cela n’avait pas d’importance.
Qui preniez-vous  en charge dans les cuisines brestoises ?
C’étaient les gens, de Brest et des environs, qui travaillaient à Brest, principalement à l’Arsenal et dans les hôpitaux. Les Allemands occupaient l’hôpital de la ville. On avait aussi des gens âgés ou handicapés qui n’avaient pu quitter la ville.
Comment se faisait l’approvisionnement ?
Léon Déniel, originaire de Landerneau où sa femme tenait une charcuterie, connaissait énormément de fermiers des environs. Ami de Pierre Branellec, ils étaient tous les deux sous les ordres du Colonel de La Rocque qui dirigeait un parti politique auquel beaucoup de paysans aisés avaient adhéré. Ceux-ci participaient et  Léon partait donc en tournée avec une charrette tirée par le cheval Bayard ou en camionnette, obtenant tout ce qu’il voulait_: pommes de terre, viande, …
Quels problèmes rencontriez-vous ?
Il y avait pénurie d’eau parce que les obus crevaient tout. Nous allions prendre l’eau au réservoir sur la place Wilson, face au Télégramme. Il fallait y aller à plusieurs et se relayer car on devait pomper pendant plusieurs minutes pour obtenir 100_l d’eau. Les Allemands s’y approvisionnaient aussi mais pas aux mêmes heures. L’été 44 était un été superbe, très chaud et la chaleur dégagée par les incendies était intense. Nous souffrions de la soif au quotidien_!













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